MEMO POLITIQUE 2019

Aires Libres, fédération professionnelle qui compte aujourd’hui plus de 150 membres, regroupe les principaux opérateurs des arts forains, des arts du cirque et des arts de la rue : artistes et compagnies, techniciens, centres scéniques, lieux de création et de diffusion, festivals et structures de services spécialisées.

Réunis par des valeurs communes liées aux droits culturels, d’accessibilité à la culture pour tous, de proximité dans le rapport aux publics, de solidarité et d’ouverture, nous voulons que nos villes et villages abritent des lieux d’expression artistique et démocratique, où l’art partagé soit un des outils de pensée et de lutte, au service de notre société en proie aux crises démocratique, économique, identitaire et écologique.

Nous croyons à d’autres horizons et voulons nous engager pour d’autres possibles mais nous avons besoin du soutien des pouvoirs publics.

C’est à cet effet que nous interpellons ici les candidats aux prochaines élections.

En effet, 20 ans après sa reconnaissance officielle par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le domaine des arts du cirque, des arts de la rue et des arts forains, dont le dynamisme est salué régulièrement, dont les spectacles s’exportent dans le monde entier, reste le parent pauvre en matière de subventions publiques.

Avec plus de 80 compagnies et 35 festivals par an, totalisant à eux seuls plus de 400.000 spectateurs, nous ne sommes pas un petit secteur des arts de la scène.

Or notre domaine est doté de moins d’1,8% du budget dévolu aux arts de la scène en Fédération Wallonie-Bruxelles, soit 4 fois moins que la danse et 23 fois moins que le théâtre.

Nous demandons qu’un effort particulier soit inscrit au programme de la prochaine législature en faveur des Arts forains, du Cirque et de la Rue aux différents niveaux de pouvoir et qu’une collaboration efficace soit mise en place entre ceux-ci.

Nos revendications spécifiques :

À tous les niveaux de pouvoir :

  • Collaborer pour faire enfin aboutir les projets de construction et de rénovation d’infrastructures spécifiques portés par nos membres, tant à Bruxelles qu’en Wallonie, dont nous avons cruellement besoin (Espace Catastrophe, Latitude 50, Roseraie, …)
  • Associer Aires Libres et/ou les opérateurs de terrain à l’élaboration des politiques culturelles, sociales, éducatives, touristiques et d’aménagement du territoire
  • Remettre de l’humain, de la confiance et de l’évaluation qualitative dans les rapports entre pouvoirs publics et opérateurs de terrain

Au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles :

  • Porter à l’horizon 2023 (prochain train de contrats-programmes) l’enveloppe budgétaire consacrée aux Arts forains, du Cirque et le la Rue à hauteur de 4.500.000 euros (Théâtre Jeune Public : 5.400.000, Arts de la Danse : 7.648.000) afin de doter nos opérateurs, compagnies, lieux, festivals, de moyens financiers adaptés à leurs légitimes ambitions (création, diffusion, fonctionnement, accompagnement) 
  • Revaloriser dès 2020 les montants alloués aux aides au projet (création, diffusion, développement) de 570.000 à 1.000.000 euros (1.200.000 en 2021) pour tenir compte de la spécificité du domaine qui compte très peu de compagnies en contrat-programme et dont la diffusion repose très largement sur les festivals dont la grande majorité sont également aidés au projet
  • Inciter les opérateurs généralistes (centres cultures et centres scéniques) à inclure le Cirque et les Arts de la Rue dans leur programmation via les contrats-programmes 
  • Encourager la mise en œuvre effective des « humanités cirque » afin de compléter la filière de formation en cirque et de voir plus de jeunes belges intégrer l’École Supérieure des Arts du Cirque 
  • Soutenir les compagnies itinérantes qui contribuent notamment à construire l’Europe artistique et citoyenne, notamment via les budgets d’équipement (matériel roulant, chapiteaux,…) 
  • Évaluer la mise en œuvre du Décret des Arts de la Scène et apporter les modifications nécessaires en concertation avec les Fédérations professionnelles

Aux niveaux fédéral et régionaux :

  • Consulter les opérateurs du territoire et prendre en compte les nécessités des Arts de la Rue et des Arts forains dans les plans d’aménagement des espaces publics 
  • Prendre en compte les spécificités des artistes, notamment forains, dans les réglementations liées à la circulation routière 

Nos revendications transversales :

Par ailleurs, nous appelons les décideurs politiques, en concertation dynamique avec les Fédérations professionnelles du secteur culturel, à mettre tout en œuvre pour faire aboutir les chantiers suivants :

  • Révision du statut social et fiscal des travailleurs intermittents des métiers des arts et de la création pour un accès facilité au « statut d’artiste » pour les jeunes et une reconnaissance des spécificités du travail et de l’emploi dans le secteur artistique *
  • Mise en œuvre d’une parité F/H et d’une inclusion réelle de la diversité dans tous les dispositifs pilotés et soutenus par les pouvoirs publics *
  • Sécurisation du financement des fédérations professionnelles via une ligne budgétaire fléchée afin de garantir une concertation de qualité dans le domaine des politiques culturelles sans ponction des enveloppes dévolues aux opérateurs culturels
  • Mise en œuvre et évaluation concertée du Décret sur la nouvelle gouvernance culturelle 
  • Réforme concertée de Propulse pour en faire un outil ambitieux pour la diffusion des arts vivants *
  • Réforme concertée des Tournées Art & Vie 
  • Sécurisation des opérateurs culturels bénéficiant de subventions APE en Wallonie
  • Accession des opérateurs culturels au dispositif ACS à Bruxelles

* Dans ces domaines, nous avons rédigé, seuls ou ensemble avec nos collègues d’autres fédérations, des notes et mémorandums que nous tenons à disposition.

Nous sommes en travail, constructifs et solidaires, prêts à prendre notre place dans une concertation volontariste, ambitieuse et transparente, pour que les acteurs culturels et artistiques, en particulier ceux du domaine des Arts forains, du Cirque et de la Rue soient reconnus et soutenus, puissent sortir de la précarité pour assurer pleinement leur mission au service de la population et que l’art et la culture trouvent leur place nécessaire dans notre communauté, nos régions, nos villes et nos villages.